Si vous voulez faire sourire ou dégoûter vos collègues de bureau, dites leur que vous venez d'acquérir un super jeu qui s'appelle Pandémie ! Effet garanti
à l'évocation du titre. Mais que se cache-t-il derrière ce nom affreux ? C'est ce que j'ai voulu savoir en me procurant ce jeu. Voici donc mes impressions après 2 parties.
Pandémie : l'union des cerveaux contre le jeu.
Pandémie est un jeu coopératif : les joueurs jouent ensemble contre le jeu. Si le jeu gagne, tout le monde perd, si le jeu perd, tout le monde gagne. Ici, pas de détermination du meilleur joueur,
on joue pour faire reculer 4 maladies qui se propagent - très vite - dans le monde entier. La condition de victoire est de trouver les remèdes de 4 maladies. Les conditions de
défaîte sont plus difficile à expliquer ici sans entrer dans les détails mais peuvent se résumer en quelque sorte en une expansion incontrôlée des maladies.
Dans ce jeu, chaque joueur a un rôle spécifique qui lui procure un avantage : on profite donc des compétences complémentaires des joueurs. Le jeu se joue sur un plateau représentant le
Monde et chaque joueur dispose de cartes en main représentant des villes du monde où il peut aller, construire des stations de recherche ou échanger des cartes avec d'autres joueurs. La
maladie se propage par une action spécifique que chaque joueur à son tour est obligé d'effectuer et qui consiste à infecter les villes en tirant des cartes spéciales appelées
cartes propogation où le nom de la ville à infecter est mentionné.
L'effet de ce mécanisme : "yes we can !"
Jouer à Pandémie procure un sentiment très déroûtant : on combat ensemble en échangeant nos idées et en optimisant tous les déplacements. Toute action de chaque joueur devient concertée. C'est
aussi surprenant qu'agréable : on a l'impression que ce qui nous énerve chez l'autre quand on joue contre lui à d'autres jeux devient un atout dans ce jeu. Ainsi, le planificateur forcené devient
un formidable prévisionniste des évènements négatifs et des actions à mettre en oeuvre. Le profiteur de toutes les situations devient le pompier du groupe : il sait réagir aux évènements imprévus
et dans ce jeu ils s'appellent épidémie et éclosion.
[ L'épidémie est une carte tirée malencontreusement qui provoque une infection massive dans une ville et qui peut générer une éclosion. L'éclosion se produit
lorsqu'une ville suinfectée provoque une infection d'autres villes. Si d'autres villes étaient déjà suinfectée, on assite à des éclosions en chaîne qui peuvent causer rapidement la défaîte ou
tout au moins un sentiment de stress et de débordement. ]
D'où par conséquent, l'utilité du joueur "pompier" qui sait réagir rapidement en s'adaptant à toutes les situations.
Le thème est très présent et très immersif : on a vraiment l'impression d'être une équipe d'humanitaires en train de lutter contre une pandémie mondiale. La victoire provoquerait presque le
sentiment d'avoir oeuvré pour le Monde alors que tout cela n'est hélas que virtuel...
Une mention spéciale au mécanisme de ce jeu : la fluidité et le travail de l'auteur de Pandémie saute aux yeux. A titre d'exemple, les cartes épidémie provoquent une vraie accélération
de la propagation des maladies car le fait de devoir remettre les cartes propagation déjà jouées sur le dessus de la pile propagation provoque une surinfection des villes déjà
précémment infectées Cela facilite d'autant plus les éclosions. C'est méchamment simple et efficace pour corser le jeu.